Tu sais où tu veux aller. Tu as l'idée, le projet, l'offre, le contenu à publier. Et pourtant, tu ne bouges pas. Tu repousses. Tu réfléchis encore un peu. Tu te dis que demain, ce sera mieux.
Et au fond de toi, une petite voix te répète que si tu n'avances pas, c'est que tu manques de volonté. Que tu es un peu fainéante, sur les bords. Que les autres, elles, se bougent.
Je vais te dire tout de suite : c'est faux. Si tu n'arrives pas à passer à l'action, ce n'est presque jamais une question de volonté. C'est autre chose. Et tant que tu n'auras pas mis le doigt sur ce « autre chose », tu vas continuer à ramer, à forcer, à culpabiliser, sans comprendre pourquoi rien ne se débloque.
Alors on va faire le travail dans l'ordre. D'abord comprendre ce qui te bloque vraiment, parce que c'est ça, le premier pas, et personne ne te le dit. Ensuite seulement, la méthode concrète pour avancer : comment découper, comment lâcher la perfection, comment tenir dans le temps. Pas des techniques de productivité. Le vrai sujet, celui qui est en dessous.
Procrastiner ne fait pas de toi quelqu'un de fainéant
On entend partout qu'il faut « se bouger » pour avoir des résultats. Et sur le fond, je suis d'accord. Je suis même la première à le dire : si tu veux atteindre tes objectifs, tu vas devoir tester, travailler, te tromper, apprendre, recommencer. Bref, agir. Il n'y a pas de magie.
Mais il y a une nuance que personne ne prend le temps de poser.
Si tu es dans une phase où tu procrastines, où tu doutes, où tu tournes en rond sans savoir par quoi commencer, où tout te semble flou, ça ne fait pas de toi quelqu'un de fainéant. Ça ne veut pas dire que tu manques de volonté. Ça ne veut rien dire de tout ça.
Si tu ne passes pas à l'action, ce n'est pas toujours un manque de motivation. C'est souvent que quelque chose à l'intérieur de toi tente de te protéger.
Relis cette phrase. Elle change tout.
Quand tu n'arrives pas à avancer, ce n'est pas un défaut de caractère. C'est un blocage. Et un blocage, ça a une cause. Quand on creuse, chez les entrepreneuses que j'accompagne, on retrouve presque toujours les mêmes :
- la peur de mal faire,
- la peur de ne pas être légitime,
- ce sentiment de ne pas être à sa place quand on se montre,
- la peur que personne n'écoute ce qu'on a à dire.
Tu vois, ce ne sont pas des problèmes de volonté. Ce sont des peurs. Et c'est exactement pour ça que la to-do liste et les techniques de productivité ne suffisent pas : elles s'attaquent au symptôme, jamais à la cause.
Le vrai premier pas : identifier ce qui te bloque
Voilà ce qui me tient à cœur dans cet article, et c'est presque toujours pris à l'envers.
Quand on te demande comment passer à l'action, la réponse réflexe, c'est : « fais-toi un plan, une stratégie, une to-do liste ». Comme si l'inaction se réglait avec de l'organisation.
Mais le tout premier pas, ce n'est pas un plan.
Le premier pas, c'est d'identifier ce qui te bloque.
Avant de prévoir quoi que ce soit, tu dois comprendre pourquoi tu n'y arrives pas. Sinon tu vas bâtir un super plan d'action que tu ne suivras pas, et tu vas en conclure, encore une fois, que le problème c'est toi. Alors que non.
Concrètement, voici ce que je te demande. Pose-toi, prends un papier ou un document, peu importe le support. Et réponds honnêtement à ces quatre questions :
- Qu'est-ce qui me fait peur ?
- Qu'est-ce qui pourrait arriver de pire ?
- Qu'est-ce qui m'angoisse dans ce projet ?
- Qu'est-ce qui me retient, aujourd'hui ?
Mets tout par écrit. Vraiment tout. L'important, c'est que ce soit posé, sorti de ta tête, pour que tu puisses prendre du recul. C'est un peu un brainstorming avec toi-même : tu creuses pour trouver tes propres barrières.
Pourquoi ça marche ? Parce que tant que ton blocage reste flou, il agit en silence. Tu as l'impression de te battre contre toi-même sans savoir contre quoi exactement. Une fois que tu mets des mots dessus, il devient gérable. Les doutes et les peurs ne disparaissent pas, ça n'arrive jamais, mais quand tu les identifies et que tu les comprends, c'est beaucoup plus facile d'apprendre à les maîtriser.
Cette prise de conscience, c'est la base. C'est elle qui te permet ensuite de débloquer la machine et d'avancer d'une manière beaucoup plus fluide.
Si en faisant l'exercice tu tombes surtout sur la peur de ne pas être légitime, sur ce doute qui te souffle que tu n'as rien à faire là, c'est un sujet en soi, et j'en ai parlé en détail dans cet article sur le syndrome de l'imposteur. Tu peux y aller, puis revenir ici.
Ton premier ennemi, c'est toi-même
Je vais être franche avec toi.
La plupart du temps, ton premier ennemi, c'est toi-même.
Ce ne sont pas « les autres ». Ce n'est pas Instagram. Ce n'est pas l'algorithme. Ce n'est pas « le marché qui est bouché ». C'est toi. Tes pensées. Ton discours intérieur.
Regarde ce qui se passe quand tu veux te lancer, créer quelque chose, sortir une offre, publier. Ton cerveau se met en route, et il ne te dit pas des choses encourageantes. Il te dit :
« Est-ce que je suis légitime pour parler de ça ? Qui je suis pour me montrer, pour donner des conseils ? Et si on se moque de moi ? Et si on pense que je n'y connais rien ? »
Ces phrases-là, ce sont tes pensées limitantes. Et tant que tu les nourris, passer à l'action devient une montagne. Forcément. Tu pars au combat avec quelqu'un qui te tire en arrière à chaque pas, et ce quelqu'un, c'est toi.
C'est là que se cache la vraie limite. Pas dehors. Dedans. Dans tes « je ne suis pas assez » : pas assez compétente, pas assez experte, pas assez légitime, pas assez intéressante. Cette liste-là, tu te la récites toute seule. Personne ne te l'impose.
La peur du jugement : et si les gens s'en fichaient ?
Il y a un point qui mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il bloque énormément d'entrepreneuses. La peur du jugement des autres.
Tu te retiens, tu t'adaptes, tu te brides. Pas parce que tu n'as pas envie. Mais parce que tu imagines ce que les autres pourraient penser de toi.
Sauf que voici ce qui est presque drôle.
La plupart du temps, les gens s'en fichent.
Ils ne sont pas en train d'analyser ta vie, ton contenu, chacun de tes posts, chacune de tes stories. Ils ne sont pas assis derrière leur écran à attendre ta prochaine publication pour la juger. Non. Les gens sont occupés. Avec leur propre vie, leurs propres doutes, leurs propres problèmes.
Attention, je ne te dis pas que les mauvaises langues n'existent pas. Bien sûr que si. Mais en réalité, c'est surtout toi qui te mets une pression énorme, en te racontant des scénarios que tu fabriques dans ta tête. « On va penser ça de moi. » « On va se dire que… » Des films. Tu te fais des films.
Alors pose-toi la vraie question, celle qui dégonfle tout : qu'est-ce que ça change ?
Concrètement. Si tu publies quelque chose et que quelqu'un te juge, qu'est-ce que ça change dans ta vraie vie ? Si tu lances une offre et qu'une personne n'est pas d'accord, te critique, qu'est-ce que ça change dans ton quotidien ?
Rien.
Tu vas continuer à te lever le matin, à avancer sur tes projets, à vivre ta vie. Le jugement d'un inconnu ne modifie pas ton existence, ne change pas tes valeurs, ne touche pas à ton quotidien. C'est ce que j'ai toujours eu du mal à comprendre : on accorde un poids énorme à l'avis de gens qui, le plus souvent, ne connaissent même pas notre vie, nos intentions, nos efforts.
Je ne te dis pas non plus qu'il faut être totalement immunisée contre le jugement. On est humaines. Moi aussi, parfois, j'ai peur, je doute. C'est normal. Le vrai problème, ce n'est pas d'avoir peur. C'est quand cette peur commence à diriger tes choix, à orienter tes décisions, à t'empêcher de créer et d'essayer.
Là, oui, il y a un travail à faire. Parce que si le regard des autres prend plus de place que tes propres envies, tu restes bloquée. Mais ce n'est pas une fatalité. Ça se travaille, ça se déconstruit, ça s'apprend.
Le piège : plus tu attends, plus tu bloques
Une fois que tu as identifié ce qui te freine, que tu as mis des mots sur tes peurs, il va falloir passer à l'action. Oui, c'est le moment où je te sors le fameux « on a rien sans rien ». Désolée, mais c'est vrai.
Et avant la méthode, je veux te montrer pourquoi tu ne peux pas te permettre d'attendre encore.
Rappelle-toi d'abord une chose : tu n'es pas la seule. Absolument tout le monde traverse des périodes de doute, de manque de motivation, de remise en question. Tout le monde. Même les personnes que tu admires, même celles dont la vie te fait rêver.
La seule différence entre toi et cette femme que tu regardes en te disant « wow, j'aimerais être à sa place », c'est quoi ? C'est qu'elle, elle a pris des actions. Elle a avancé. Même en ayant peur, même sans être sûre, même en se demandant si ça allait marcher. Elle ne savait pas plus que toi. Elle a juste fait.
Te poser mille questions, réfléchir pendant des semaines, tourner en rond, ça ne t'apportera rien. Rien, à part du regret.
Et le regret, crois-moi, c'est la pire des sensations. Te dire dans quelques mois « j'aurais dû commencer plus tôt ». Parce que pendant que tu attends, le temps, lui, il passe. Il ne t'attend pas. Et tu ne le récupères jamais.
Il n'y a rien de pire pour ton business que cette période où tu stagnes, où tu repousses, où tu remets à demain. C'est un vrai piège, et c'est un piège qui se referme tout seul. Plus tu attends, plus tu renforces ton doute. Plus tu cultives un état d'esprit négatif. Plus tes pensées limitantes prennent de la place. Tu entres dans un cercle vicieux où la procrastination finit par devenir ton quotidien.
C'est souvent comme ça que ton activité se met à tourner au ralenti sans que tu comprennes vraiment pourquoi. Le problème n'est pas dehors. Il est dans cette dynamique d'attente que tu entretiens sans t'en rendre compte.
À un moment, il faut casser ça. Et pour le casser, il faut accepter une vérité un peu inconfortable.
L'action parfaite n'existe pas.
L'étape « où je n'ai plus peur du tout », elle n'arrivera jamais comme par magie. Tu peux attendre longtemps : ce moment ne viendra pas. Le vrai travail, c'est de faire le premier pas malgré la peur. Un tout petit pas, même minuscule. Juste pour casser la dynamique, prendre une action, une seule, et relancer la machine.
Comment passer à l'action, concrètement
On y est. Tu as identifié ce qui te bloque, tu as compris que tu ne peux pas attendre indéfiniment. Maintenant, on agit. Voici comment passer à l'action sans te noyer.
Découpe ton objectif en petites briques
La première chose à faire, c'est d'avoir un objectif clair. Mais attention, gros piège ici : ne vise pas directement la montagne.
Si tu regardes en permanence ton objectif final, celui qui est tout en haut, tu vas te sentir submergée. Perdue. Tu ne sauras même pas par où commencer. Et un objectif qui paralyse, ça ne sert à rien.
L'idée, c'est d'y aller petit à petit. De découper ton objectif en petites étapes accessibles.
Prenons un cas concret. Mettons que ton objectif soit de bien vivre de ton business, et que pour ça tu veuilles utiliser les réseaux sociaux : gagner en visibilité, faire connaître tes offres, et attirer des clients en continu. Ça, c'est le sommet. Si tu restes focalisée uniquement là-dessus, tu vas te sentir dépassée avant même d'avoir commencé.
Alors ta première brique, ça peut être simplement : « Ok, je commence par poster trois fois par semaine sur un réseau social, du contenu à valeur ajoutée. » C'est tout. Pas trois mois de contenu d'avance, pas une stratégie parfaite, pas un calendrier éditorial millimétré. Juste trois posts par semaine, des posts utiles, qui aident vraiment tes futures clientes.
Une fois que cette brique-là est maîtrisée, tu passes à la suivante. Créer un lead magnet. Optimiser ta page de vente. Lancer un challenge. Peu importe. Tu avances une brique à la fois, sans chercher à monter toute la maison en une journée.
Et cet exemple, tu peux le transposer à n'importe quoi : lancer ton business, sortir une nouvelle offre, démarrer un nouveau projet. La logique est la même.
Le bonus, et il est énorme : c'est exactement comme ça qu'on construit sa confiance en soi. En accumulant des petites victoires. À chaque brique posée, tu te prouves que tu en es capable, que ce n'était pas la mer à boire. Et cette preuve te donne l'élan pour la brique d'après. Puis celle d'encore après.
Laisse tomber la perfection, lance ta V1
Deuxième chose, et elle va de pair avec l'inaction : laisse tomber la perfection.
On est toutes passées par là. Attendre que ce soit parfait pour lancer son projet, pour sortir son offre, pour publier son site. On attend, on corrige, on ajuste, on peaufine, encore et encore.
Mais la vérité, c'est que la perfection, tu ne l'atteindras pas du premier coup. Et même pas du tout, en fait, parce qu'elle n'existe pas.
La seule façon de t'en rapprocher, c'est de tester, de faire, de te tromper. C'est comme ça que tu apprends ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, ce que tu dois changer. Et là, oui, c'est le moment d'être intelligente : quand quelque chose ne marche pas, tu le vois et tu le changes. Tu ne continues pas tête baissée.
Je sais que ce n'est pas simple, surtout si tu es du genre à tout vouloir contrôler, tout organiser, tout planifier au cordeau. Je te parle en connaissance de cause : je suis exactement comme ça. Donc je comprends ce sentiment de l'intérieur, je ne te juge pas.
Mais l'entrepreneuriat, ce n'est pas ça. L'entrepreneuriat, c'est une succession d'essais, de tests, d'erreurs, de réajustements, jusqu'à ce que ça fonctionne vraiment. Parfois ça demande plusieurs tentatives. Souvent, même. Ce n'est pas en attendant que tout soit impeccable que tu vas avancer, au contraire : tu perds du temps.
Alors lance quelque chose. Une première version, même imparfaite, même pas totalement aboutie. Ensuite, tu t'appuies sur tes erreurs pour réajuster et peaufiner. C'est précisément comme ça qu'on progresse. La perfection, c'est l'excuse la plus confortable du monde pour ne jamais rien sortir.
Fais preuve de patience (sans t'entêter)
Dernier point, et c'est celui que je répète dans presque tous mes épisodes parce qu'il est essentiel : fais preuve de patience.
On vit dans une société qui ne sait plus attendre. On veut tout, tout de suite, et on se décourage dès que les résultats tardent un peu. Sauf que dans l'entrepreneuriat, c'est impossible. Quelles que soient les actions que tu mènes, rien ne porte ses fruits immédiatement. Il y a toujours un délai entre ce que tu plantes et ce que tu récoltes. Plus ou moins long, ça dépend de chacune, mais il existe toujours.
Tout ce que tu vois passer sur les réseaux, les entrepreneuses qui affichent des milliers d'euros par mois, elles n'ont pas réussi du premier coup, ni en deux mois. Personne. Ça prend du temps, et c'est normal.
Alors au lieu d'attendre d'être à 10 000 euros par mois pour te sentir légitime, change ta façon de mesurer. Célèbre les petites victoires :
- tes premiers 1 000 euros,
- tes premiers clients,
- tes premiers retours positifs,
- chaque fois où tu te dépasses,
- chaque action que tu prends, même celles qui te semblent minuscules.
Prendre du temps, ça fait partie du process. Ça fait partie du jeu, de la croissance, du chemin. Et tout le monde passe par là, même celles que tu admires aujourd'hui.
Mais attention, dernière nuance, et elle est importante : faire preuve de patience, ce n'est pas s'entêter. Si rien ne fonctionne, il faut en tirer les leçons. Réajuster, optimiser, restructurer ton business, te faire accompagner. Sois patiente, oui, mais il doit quand même y avoir des signes, même petits, que quelque chose avance. Si tout reste complètement plat depuis des mois, sans le moindre progrès, alors ce n'est plus de la patience. C'est le moment de remettre les choses en question et de changer de stratégie.
Par quoi tu commences
Si tu devais ne retenir qu'une chose, ce serait l'ordre des opérations. On le prend presque toujours à l'envers, et c'est pour ça qu'on reste bloquée.
Tu ne commences pas par le plan. Tu commences par comprendre ce qui te bloque.
Donc voici ta semaine. Aujourd'hui, tu fais l'exercice : papier, les quatre questions, tu écris tout ce qui te fait peur sans te censurer. Demain, tu choisis ton objectif et tu le découpes en une première brique, une seule, assez petite pour ne pas te faire peur. Et dans les jours qui suivent, tu poses cette brique. Imparfaite. C'est le but.
Parce que peu importe la situation dans laquelle tu te trouves, rappelle-toi une chose : tu as toujours le pouvoir entre tes mains. C'est toi qui décides de passer à l'action, c'est toi qui décides de faire bouger ton business. Je ne te dis pas que c'est facile. Je te dis que tu es la seule à pouvoir le faire.
Cet article reprend un épisode de mon podcast, Confidences d'Entrepreneuse. Si tu veux la version dans les oreilles, avec ma voix, l'épisode est à écouter ici.
Et si en faisant l'exercice tu réalises que ce qui te bloque, ce n'est pas un détail, mais une vraie peur de fond qui revient à chaque projet, tu n'es pas obligée de la régler seule. C'est exactement le genre de déclic sur lequel on travaille dans Success Impact, mon accompagnement en 1:1. On identifie ce qui te freine vraiment, et on construit ton plan d'action brique par brique, appliqué à ton business. Pas de pression, pas de pitch agressif : la page te dit tout.
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